Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 05:07

Chronologie de la crise financière 2007-2008

Mardi 10 Aout 2011 par Thomas Bonne, source démocratie sociale

 
Enregistrer au format PDF


- 2001 : la bulle des "nouvelles technologies" explose 

- 2002-2006 : La bulle immobilière se met en place.

Le secteur des nouvelles technologies est déserté et les capitaux se dirigent vers de nouveaux débouchés offrant une meilleure rentabilité. Ces arrivées massives de capitaux accélèrent le gonflement de la spéculation sur l'immobilier.

Une réel euphorie des marchés génère une prise de risque importante par l'octroi de crédits notamment aux Etats-Unis de crédits à des salariés pauvres, les subprimes sont mis en avant.

Pour garantir leur prêts, les biens cédés sont mis en hypothèque et le système fonctionne parfaitement du moment que les taux restent bas, et organisant des remboursements accessibles aux populations concernées. Il faut par ailleurs que la valeur des immeubles augmente en continue pour garantir le capital et les intérêts de ces prêts.

Les banques connaissent immédiatement le risque d'insolvabilité qui dépend d'un taux indexé. Le taux doit resté faible car en cas de hausse, le remboursement ne se fait plus sur le capital mais sur les intérêts. Pour se débarraser de cette patate chaude, les organismes de crédits ne conservent pas les créances. Ils "titrisent" les créances regroupées parmi d'autres pour les vendre sur les marchés financiers.  Les subprimes infestent rapidement les Sicav notamment des fonds d'investissement dont beaucoup d'américains détiennent l'essentiel de leur retraite. 

Les banques ne s'intéressent pas aux produits achetés, l'important pour eux c'est la rentabilité. Les subprimes sont comme des termintes qui viennent infester une vieille charpente, celle des banque. Ce mélange de subprimes à d'autres créances, qui consistait à diffuser le risque, ne permet pas de connaître le montant réel des subprimes sur le marché.

- 2006 : le taux directeur de la Réserve fédérale américaine atteint 5,75 %

En 3 ans, ce taux est passé de 2 % à 5,75 %. Or, les prêts « subprime » sont le plus souvent à taux variables et indexés sur ce taux.

Des emprunteurs, de plus en plus nombreux, ne peuvent plus payer leurs échéances. Leur logement sont vendus aux enchères et entraîne la baisse des prix de l’immobilier et donc de la valeur des hypothèques. La bulle dégonfle. Et la catactrophe sociale s'organise.

Entre 2004 et 2007, 1,2 millions d’Américains sont chassés de leur logement.

- Juillet 2007 : la chute des organismes de prêts hypothécaires

Les organismes de prêts hypothécaires à risque (tel l’American Home Mortgage) sont les premiers touchés par l’augmentation rapide des non remboursements de prêts « suprime ». La banque d’affaires américaine Bear Stearns doit fermer deux fonds spécialisés dans ce type de crédit. BNP Paribas suspend la valeur liquidative de trois de ses fonds qui venaient de perdre plus de 20 % en moins d’une semaine.

Vendredi 10 août 2007, tout s’accélère

Les banques se méfient des unes des autres, car la question se pose de savoir à quel point la charpente des autres est infestée par les subprimes. Elles ne se prêtent plus d’argent qu’avec une extrême réticence et à des taux très élevés.

Les banques centrales (la Réserve Fédérale américaine, la Banque Centrale Européenne, la Banque du Japon, la Banque d’Angleterre) interviennent massivement et mettent à la disposition des établissements bancaires sous forme de prêt plus de 400 milliards d’euros de liquidités (en dollars, livres, euros ou yens).

Mais les craintes des marchés s’étendent alors à toutes les opérations de crédit. La valeur des actions des fonds engagés dans le crédit immobilier, et ce, même s’il ne s’agit pas de « subprime » mais de prêt à des emprunteurs solvables s’effondrent. Corrélativement, les valeurs des actions des groupes bancaires font de même. 

Pour compenser leurs pertes sur ces marchés, les grands investisseurs se sont mis à vendre des actions qu’ils détenaient dans d’autres compartiments du marché financier. Ces ventes entraînent une baisse générale des cours boursiers. La panique commence à s’emparer des marchés financiers et ces baisses font boule de neige.

La crise monétaire est devenue une crise boursière qui, partie de Wall Street, n’épargne ni l’Europe ni l’Asie du Sud-est.

Sarkozy clame haut et fort sa volonté de « réguler les marchés financiers ».

- Octobre 2007 : les indices boursiers repartent à la hausse

- Hiver 2007-2008 : les dominos continuent à tomber

Tandis que les optimistes voyaient dans la hausse des indices boursiers une victoire du libéralisme oubliant les millions de personnes tombées dans une pauvreté extrême, la méfiance des banque entre elle continue son bonhomme de chemin.

Les faillites se multiplient. La banque britanique "Northern Rock" est nationalisée par le gouvernement travailliste. Les géants américains "Merrill Lynch" et "Citigroup" font appel à des fonds souverains (propriétés de l’Etat du Koweit ou de celui d’Abu Dhabi) pour renforcer leur capital social et éviter la faillite. Bear Stearns est racheté par JP Morgan.

L’affaire de la Société Générale et de Jérôme Kerviel, trader à l'ardoise de 5 milliards d'euros secoue le système bancaire français.

- Septembre 2008 : la crise repart de plus belle obligeant les Etats à racheter des banques

Les États ne se contentent plus, comme en 2007, de prêter de l’argent. Maintenant, ils rachètent les banques pour éviter leur faillite.

Après la nationalisation de "Northern Rock" par le gouvernement britannique, l’Etat fédéral américain nationalise, de fait, deux énormes institutions financières, "Fannie Mae" et "Freddie Mac", pour un montant de 200 milliards de dollars. Ces deux organismes garantissent près de la moitié des 12 000 milliards de dollars de crédits immobiliers aux Etats-Unis. A eux deux, ils ont perdu 14 milliards de dollars au cours des quatre derniers trimestres. Ce même Etat se refuse à sauver la banque d’affaires Lehman Brothers qui fait faillite. Il a fait le choix de nationaliser l'assurance AIG en déboursant 85 milliards de dollars.

Le Benelux nationalise partiellement "Fortis". Les gouvernements belge, français et luxembourgeois injectent 6,4 milliards d’euros pour sauver la banque franco-belge "Dexia". Le gouvernement français déboursera 3 milliards d’euros (1 milliard directement et 2 milliard par l’intermédiaire de la Caisse des Dépôts et Consignation, organisme public). L’Etat allemand garantit 26,5 milliards d’euros pour sauver "Hypo Real Estate", établissement spécialisée dans le financement immobilier et très engagées auprès de Lehman Brothers. L'Etat se brûle et engage avec lui ses contribuables dans une spirale, tandis que le consortium de banques privées qui devaient compléter le sauvetage y renonce!

- Octobre 2008 : l’adoption du plan Paulson, 840 milliards de dollars

Georges Bush et Henry Paulson (Secrétaire du Trésor américain) proposent au congrès un plan de rachat des créances pourries des banques pour un total de 700 milliards de dollars en deux ans. Leur plan est rejeté le lundi 29 septembre par la Chambre des représentants à plus des deux tiers alors que seulement 40% des démocrates le rejette, Bush est dans une impasse. Finalement, un texte amendé, portant le total des fonds engagés à 840 milliards de dollars est accepté par le Sénat le 1er octobre et par la Chambre des représentants le 3 octobre.

Les dirigeants européens affirment rejeter l’idée d’un plan de sauvetage, copie-conforme du plan Paulson, pour les banques européennes. Ce sont aux gouvernements nationaux de s’en charger.

Les rachats de banques se multiplient : "Merrill Lynch" par Bank of America, "Halifax Bank of Scotland" par la banque britannique "Lloyds TSB". "Wells Fargo" et "Citigroup" se disputent le rachat (avec la garantie de l’Etat Fédéral) de la banque "Wachovia". La banqueroute de la "Washington Mutual" permet son rachat par JP Morgan. La banque espagnole Santander rachète la partie rentable de la banque britannique "Bradford & Bingley", le gouvernement britannique nationalise le restant : les pertes. Le principe de la nationalisation des pertes et de la privatisation des profits est acquis.

Le secteur financier américain a déjà licencié 153 000 salariés en 2007 et 103 000 depuis le début de 2008.

La récession s’étend des Etats-Unis à l’Europe. La France entre, elle-aussi, en récession.

Les annonces pour « réguler » le système bancaire et financier se multiplient mais les propositions ne se font jamais concrètes et les Autorités fédérales américaines, la Commission européenne, le G4 ou les dirigeants des Etats n’ont qu’un souci « rétablir la confiance » et préserver l’autonomie de la finance.

Depuis le début du mois de septembre, partout dans le monde, les indices boursiers s’effondrent ou repartent à la hausse tandis que se fait l’annonce de nouvelles faillites ou de celle de nouvelles interventions musclées de l’Etat fédéral américain ou des banques centrales (Réserve Fédérale, Banque Centrale Européenne, Banque d’Angleterre, Banque du Japon) qui offrent des centaines de milliards d’euros de crédit aux banques qui refusent toujours de se prêter entre elles tellement la confiance règne entre elles. La crise est lancée.

Elle se propage aujourd'hui à la dette souveraine et menace désormais gravement la souveraineté des Etats et surtout la situation de tous devant la gratuité des services publics, l'exemple grec est une réalité effroyable, fondements d'une démocratie sociale et juste, car l'appétit du capitalisme n'a pas de frein.

Partager cet article

Repost 0
Published by Thomas Bonne - dans Economie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de e-economie.over-blog.com
  • Le blog de e-economie.over-blog.com
  • : Finances publiques, économie, droit public, actualités, tout pour préparer convenablement son concours administratif
  • Contact

Profil

  • Thomas Bonne
  • Thomas Bonne
Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

Rechercher