Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 11:48

La crise de la dette en Europe a suscité un sommet Franco-Allemand, entre le président Nicolas Sarkozy et la chancellière Allemande. De nouvelles mesures budgétaires entre les Etats Européens sont en gestation.

Le Sommet en visage un Gouvernement de la zone euro, plus puissant que l'ECOFIN, car constitué du conseil des chefs d'Etat et de gouvernement, se réunissant deux fois par an avec à sa tête un président stable ELU pour deux ans et demi, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen actuel se verrait chargé de présider la nouvelle instance. 

M. Sarkozy a annoncé que "Les Ministres des Finances allemand et français déposeront sur la table des instances européennes une proposition commune de taxe sur les transactions financières dès le mois de septembre. Pour l'instant aucune modalité n'est envisagée, mais l'une des possibilités envisagées serait de taxer à un taux très faible les mouvements internationaux de capitaux. 

Les pays de la zone euro au nombre de 17 se verront proposer avant l'été 2012 l'instauration de la règle d'or allemande sur l'équilibre budgétaire et envisager de l'inscrire dans leur Constitution respective afin de réduire les déficits. La recherche d'un consensus se fera autour de M. Fillon charger de prendre les contacts nécessaires avec les différences politiques françaises.

Le must du sommet réside dans l'idée d'un impôt commun dans l'assiette et son taux sur les sociétés franco-allemandes.

La création d'eurobonds reste exclue de manière catégorique. La Chancellière allemande préfère envisager cette possilbité en fin de processus d'intégration européenne et non au début. 

Ce procédé visant à protéger l'euro sur fond de solidarité reste cependant surprenant au regard des initiatives sur le recul de cette même solidarité concernant les frontières sauf à y voir dans la manoeuvre, une manière de doter l'UE de pouvoirs plus important.

En vérité, la réaction franco-allemande fait suite aux difficultés de l'instabilité des marchés financiers actuels, et surtout dans un contexte où les valeurs bancaires sont réllement malmenées, cf les craintes sur la Société Générale et les rumeurs de faillite qui lévitent autour de l'établissement financier. Ces craintes sont d'autant plus alimentées sur les marchés que le PIB franco-allemand a stagné au second trimestre (0,0% pour la France et 0,1% pour l'Allemagne).

 

Du reste, si les experts émettent des doutes quant à l'avancée juridique très importante qui se dessine et qui doit être saluée, il n'en demeure pas moins que le mécanisme devra être précisé : comment seront répartis les impôts? Quel taux sera apporté aux transactions? Quelle sera l'avancée sociale, et surtout en terme de solidarité sociale? Cette taxe sur les transactions financières, dont on peut présager qu'elle touchera des populations touchant à des sphères aisées sera redistribuée de quelle manière? 

Car le mécanisme européen ne doit pas aboutir à empirer les systèmes sociaux des pays comme cela a pu être la cas pour les PIGGS, signant un très net recul des services publics par des privatisations privant les Etats de recettes supplémentaires et donc n'endiguant pas le problème de la dette souveraine, mais bien en l'alimentant pour les année à venir, on peut déjà présager une dette souveraine de la Grèce à près de 200%. L'étalement de la dette grecque n'est donc pas la bonne solution et on ose espérer que la répartition se fera dans le rachat des services perdus. N'oublions pas que le cas de la Grèce contribue à plonger plusieurs générations dans une dépendance économique profonde à l'égard des marchés et alimente le creusement des inégalités sociales. L'individualisme est la primeur de la politique européenne pour l'instant. 

Or le projet de l'Europe est un projet qui doit viser à une solidarité sociale devant les concurrences accrues internationales, notamment celle des futures puissances : la Chine et l'Inde. L'Europe ne doit pas mener à une forme d'enthropophagie où la crise sert de prétexte à privatiser des services publics. Le service public c'est l'égalité de tous devant la loi. La privatisation à outrance conduit à l'exigence du paiement d'une prestation contre celui d'un service. Ce n'est pas là une Europe qui protège. C'est une Europe capitaliste. L'Europe ne doit pas oublier qu'elle devra être sociale.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Thomas Bonne - dans Economie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de e-economie.over-blog.com
  • Le blog de e-economie.over-blog.com
  • : Finances publiques, économie, droit public, actualités, tout pour préparer convenablement son concours administratif
  • Contact

Profil

  • Thomas Bonne
  • Thomas Bonne
Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

Rechercher