Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 11:37

 

Du Chili à l’Inde en passant par l’Espagne et l’Egypte, quel est le dénominateur commun? Ce sont les classes moyennes qui manifestent (The Economist). Elles ne partagent pas le cynisme ambiant (Die Zeit). Et leur cadre de vie est défiguré et agressif (Népszabadság)…

Le printemps arabe a tout déclenché cette année, mais la contestation prend des formes moins voyantes dans le monde : troubles politiques à Athènes, rassemblements à Madrid, émeutes à Londres. En Inde, des milliers de manifestants ont défilé, la Chine a connu elle aussi des manifestations et au Chili ce sont des marches gigantesques d'étudiants et de syndicalistes qui réclament une augmentation des aides sociales, Israël n'est pas épargné et le coût de la vie est gravement pointé. Si les mouvements sont très hétérogènes, certains se sentent exclus du partage des fruits de la croissance et ne supportent plus la corruption des élites au pouvoir, leitmotiv du peuple en Tunisie, en Egypte et en Lybie. Les accusations de malversations ont été au coeur des révoltes en Inde et en Chine. 

Les inégalités s'accroissent désormais de plus en plus et le mal gronde sur le plan international car comme le rappelle Den Xiaoping dans sa Chine totalitaire, devenir riche est glorieux. La montée de l'individualisme est donc au coeur du problème. En Inde, les villas des milliardaires côtoient les bidonvilles miséreux.

Le point commun des manifestations ? La longue tradition égalitaire des peuples. L'Indien Anna Hazare, militant anti corruption reprend aujourd'hui les méthodes et le discours de Gandhi. En Israël, l'ancrage kibboutzim est dans le discours, Madrid, Athènes, Paris, connaissent le développement des indignés, qui défendent un modèle social européen garantissant à chacun l'accès gratuit à l'éducation, aux soins et un revenu décent.

 

S'agit-il d'une réaction au processus de mondialisation? On peut constater a contrario les idées et images des révoltés a pu circuler sur tous les medias planétaires. Assistons nous aux prémices d'un mouvement planétaire, d'une conscience commune de solidarité? à mon sens non, puisque chacun élève la voix dans l'intérêt de défendre son propre intérêt. Toujours est il que l'on peut évoquer l'humeur mondiale. En 1968, il n'était pas nécessaire de faire appel à internet pour constater les mouvements de contestations planétaires. En 1989, l'année connaît la chute du mur de Berlin, la fin du régime de Caucescu en Roumanie, le massacre de la place Tién an men en Chine. 2011 est elle une année de fièvre révolutionnaire? 

Pas pour les Etats-Unis, alors pourtant que le pays souffre d'une croissance molle et d'une très grave aggravation des inégalités liée à une politique en faveur des riches propriétaires. Le mécontement à gauche comme à doirte avec le Tea Party ne se manifeste que dans les urnes et non dans la rue. Et ceci s'explique, la culture américaine a toujours été très individualiste et moins inégalitaire que celle des autres nations. 

L'exception américaine serait donc culturelle. Mais elle a ceci de choquant : la résignation ne mène qu'à supporter plus longtemps une forme de domination de l'individualisme qui semble inéluctable à l'aune du développement de l'information. Cette forme de société, est elle celle d'une société moderne, prônant l'émancipation personnelle au détriment des autres? 

Je n'ose pas y croire. Cette résignation est indigne, insupportable. Quel est le sens de la solidarité dans ce processus?  Si la mondialisation doit apporter quelque chose, alors qu'elle aille dans le sens de l'Humanité et du protection sociale plus juste. Ces milliardaires ont bien des moyens à redistribuer dans l'économie. Il faudra des siècles pour voir que la notion du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'est pas suffisante. Car aujourd'hui le peuple est un monde et il lui faut des Institutions au dessus de la loi des Finances internationales. Cette loi des Finances est celle de l'occulte et de la dictature des minorités. Le peuple monde doit se défendre et c'est par la contestation et le débat. Le socialisme doit aujourd'hui s'interroger sur la raison de son recul dans les Institutions et face à la corruption. Il doit se donner les moyens de mieux défendre les individus. 

Aussi l'importance des changements de régime signera une avancée très importante, tant que la démocratie sera défendue au plan international. Les dictatures sont encore trop nombreuses dans le monde pour penser une Institution mondiale soucieuse du vote planétaire. Mais viendra le jour où la technologie permettra de créer une Constitution mondiale défenderesse du devoir social des Etats. Et encore, cela ne suffira pas. La corruption est en chaque homme car l'homme est un loup, et cet aspect, me semble insurmontable pour la démocratie du fait de la collusion des pouvoirs, qu'ils soient économiques, politiques ou administratifs.

Le système n'est pas suffisant et il a perdu la raison : l’économie doit être au service des hommes, et non l’inverse.

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Thomas Bonne - dans International
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de e-economie.over-blog.com
  • Le blog de e-economie.over-blog.com
  • : Finances publiques, économie, droit public, actualités, tout pour préparer convenablement son concours administratif
  • Contact

Profil

  • Thomas Bonne
  • Thomas Bonne
Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

Rechercher