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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 04:39

Le modèle d'intégration français dit "républicain" est au bord de l'essoufflement selon Elise Vincent. Ce modèle est basé sur le rejet de revendications ethniques ou religieuses au profit d'une république qui au terme de l'article 1 de la Constitution est "une et indivisible". Selon elle, le bilan est en demi-teinte.

  

Les enquêtes statistiques démontrent que l'intégration économique et sociale des immigrés et de leurs enfants en France n'est pas glorieux, notamment concernant les taux de chômage, 1,5 fois supérieur à celui d'une personne née en France. Le processus devait mieux intégrer les nouvelles générations mais les indicateurs démontrent une stabilité dans l'échec du système car si l'écart des premières générations concernant le chômage relativement aux populations nées en France était de 5 à 7 points il y a 30 ans, il est en 2008 de 10 points. Le risque d'être moins performant à l'école est multiplié par deux si l'on naît fils d'immigré, notamment originaire du Maghreb ou de l'Afrique sub-saharienne.

  

Le modèle historique d'intégration républicain des années 70-80 sonne comme un concept "creux" car l'insertion des immigrés n'est pas au rendez-vous. La ghettoïsation serait l'exemple le plus marquant de l'échec du modèle français, cachant cependant l'émergence d'une élite et d'une classe moyenne issues de l'immigration.

  

Mais comme en Grande-Bretagne, l'Islam est montrée du doigt. Il est important de rationaliser à ce sujet. Si outre-manche, le prosélytisme radical est développé, en France, cette pratique reste marginale. Le Front national pointe notamment les "prières de rues" en 2010.  Le principe de laïcité, pilier du modèle républicain, ne serait donc pas respecté. A moins tout simplement qu'il ne s'agisse d'un manque de lieux de cultes pour les musulmans concernés...

 

Les musulmans réclament d'être mieux intégrés sur notre sol, et souhaitent ne pas être stigmatisés par une poignée d'individus radicaux. L'identité plurielle est revendiquée, l'identité nationale de Nicolas Sarkozy qui devait en être l'emblème offre une réalité qui est tout autre. La montée du populisme en France est une réalité et se présente comme l'aveu de l'échec de cette politique. Finalement, la discrimination positive n'est elle pas l'excellent moyen de développer une conception populiste. En quoi cette politique a-t-elle été fructifiante? Elle semble surtout avoir exacerbé le clivage des couleurs et des origines pour mettre en évidence le "visible" et alimenter les différenciations.



Mais voilà, le "visible" musulman au sein de la république est-il une atteinte à la liberté de la femme? La liberté de conscience doit elle autoriser ces pratiques? L'article 1er de la Constitution nous rappelle nos obligations de citoyens :

 

Art. 1. - La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

La difficulté réside dans le fait que le citoyen doit respecter toutes les croyances et permettre l'égalité de tous devant la loi. Le port du visible par la discrimination positive, ou précisémment celui du voile est une interrogation importante à ce titre. La dignité humaine est elle respectée dans ce cadre? oui bien sûr, car la liberté de conscience appartient à la femme comme à l'homme et si celle-ci s'affirme en portant son voile comme une religieuse confirmée, alors le respect de sa conscience est réel car c'est un acte volontaire qui doit être toléré. Mais ce comportement porte-il atteinte à la l'égalité de tous devant la loi? Seule la femme qui porte le voile peut répondre à cette question, car si elle agit en toute liberté et en s'affirmant, on peut comprendre ce choix. Il en va autrement d'un port de voile qui contraint la femme par son environnement social à ne pas s'émanciper, qui l'incite à le porter pour le plaisir d'un autre. Si ce choix doit aboutir à l'exclusion sociale, il est nécessaire de le remettre en question.

 

Ces interrogations permettent aussi de se positionner sur le plan de la tolérance. Où se situe la frontière infranchissable? Où se trouve l'instant où l'intolérable prend le dessus? L'intégrisme en obligeant la femme à porter non pas le "hijab" mais la "burqa" au sens intégriste pakistanais,  voile intégral, vise à soustraire à la vue ou isoler intégralement, porte atteinte aux principes fondamentaux de la liberté de circulation de l'individu et contribue à son exclusion sociale et son ignorance. Rappelons que le port de la burqa dans les lieux publics est interdit en France et qu'il demeure un phénomène rare. La sous-direction de l'information générale du ministère de l'intérieur révélée par Le Monde en juillet 2009 mentionne un décompte de 367 femmes portant ce vêtement en France. La controverse se situe plus sur le port du voile qui subit des restrictions dans les établissements scolaires, pour lesquels une loi a été promulguée.

 

Le respect de l'Islam passe par la tolérance. Le respect de la République laïque c'est le respect de l'individu et de sa liberté de conscience. L'intégration des autres c'est aussi la tolérance de tous à l'égard de tous, mais en respectant la volonté de tous. Nul ne doit nuire à autrui. Mais le constat est là, l'intégration ne foncitonne pas en France.

 

 

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Published by e-economie.over-blog.com - dans Actualités
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Abd El Salam 09/08/2015 09:05

Bonjour.
En espérant être utile, je vous donne l'adresse de mon modeste blog textuel sur l'islam : http://vers-le-firdaws.blogspot.com/
Cordialement. C'est pour tous.

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  • Thomas Bonne
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Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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