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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 03:00

25 septembre 2011, source : contes publiques

Le redressement des finances publiques en 2013 se complique

Le gouvernement s'est bien gardé de le crier sur les toits. Mais il n'a pas seulement modifié ses prévisions de croissance pour 2011 et 2012, il les a aussi révisées à la baisse pour 2013 et 2014, ce qui va rendre encore un peu plus difficile à tenir l'engagement de la France : ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2013 contre 5,7% actuellement.

Les hypothèses retenues, inscrites,  comme l'a révélé le quotidien Les Echos, dans les annexes du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2012, sont désormais de 2% au lieu de 2,5% pour 2013 et pour 2014, sans que cela ne change en rien le redressement annoncé de nos finances publiques.

Au ministère du budget, des comptes publics et de la réforme de l'Etat, on minimise la portée d'une telle révision: «c'est un simple ajustement logique. Mais personne n'étant capable de dire ce que sera la croissance dans deux ans, cela n'a pas grande importance. »

Esquisser des scénarios macroéconomiques de moyen terme est, c'est vrai, un exercice particulièrement difficile. Il suffit pour s'en convaincre  de rappeler l'optimisme qui était encore celui du gouvernement en avril 2011 au moment où il a transmis à Bruxelles son Programme de stabilité pour 2011 et 2014.

A l'époque, alors que s'amorçait un ralentissement marqué de la croissance, Bercy maintenait sa prévision de 2% au motif qu'«en 2011, la reprise se diffuserait à l'ensemble des secteurs de l'économie.» En 2012, le gouvernement comptait sur une « bonne dynamique de la demande intérieure » et sur sa consolidation en 2013 et 2014 sur fond de «poursuite de l'amélioration du marché du travail. »

Parmi les atouts structurels de la France, il était fait mention de la «solidité » du système bancaire français. Las! En quelques mois, la situation du marché du travail s'est retournée, avec quatre augmentations consécutives du nombre des demandeurs d'emploi. Quant à la « solidité» des banques françaises, largement exposées au risque grec,  les agences de notation en doutent...

Pour ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 avec des hypothèses de croissance revues à la baisse, le gouvernement issu du scrutin de 2012 devra soit augmenter les prélèvements obligatoires (impôts et contributions sociales), soit réduire les dépenses publiques, soit faire un mix des deux.

Il lui faudra probablement trouver une dizaine de milliards d'euros supplémentaires en plus des 12 prévus dans le plan Fillon du 24 août si la croissance française tombe en 2012 à 1,2% (ce que prévoit le consensus des conjoncturistes, mais pas le gouvernement) et autant en 2013.

Dans tous les cas, l'exercice sera ardu compte tenu du niveau élevé des prélèvements obligatoires (43,1% du PIB en 2011), qui laisse des marges limitées d'augmentation des impôts, et compte tenu des efforts déjà faits en matière de dépense publique. Ainsi est-il déjà prévu  de réduire de 10% sur trois ans (dont 2,5% en 2012 et autant en 2013) les dépenses de fonctionnement et d'intervention.

Et, contrairement à ce qu'assure l'économiste Jean-Hervé Lorenzi, il n'est pas sûr que 10 milliards d'euros d'économies sur plus de 1000 milliards de dépenses publiques, ce soit seulement « l'épaisseur du trait »  pour le prochain ministre du budget.

Claire Guélaud

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Published by Thomas Bonne - dans Finances Publiques
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Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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