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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 10:42

Source : Edition Le Monde du 1 septembre 2011, Luc Cédelle

 

80 députés UMP se mobilisent pour faire pression sur le Ministre Luc Chatel pour faire retirer des manuels  de science de la vie et de la terre (SVT) de la circulation des lycées. Evidemment c'est la droite populaire qui se cache derrière ce mouvement. Pour quelle raison? La sexualité est présentée dans le manuel par une analyse scientifique et non idéologique ou respectant un fond de pensée catholique. 

Vanneste Christian, Myard Jacques, Debré Bernard, Mariton Hervé ont signé une lettre adressée au Ministre de l'Education pour dénoncer la "théorie du genre sexuel". Ils déplorent notamment que les personnes ne soient plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquant une sexualité débridée : les homosexuels, les bisexuels, les transexuels sont vulgairement montré du doigt.

Le manuel reprend les propos en ces termes : "le sexe biologique (ce qui soi dit en passant invite le lecteur à comprendre qu'il existe un sexe biologique, autrement dit étudier de manière scientifique, et un autre qui peut être sociologique, culturel, construit par le contexte moral) nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons qualifier de masculin ou féminin ", l'identité sexuelle "étant construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre biologique et le contexte socio-culturel". La théorie du genre est pour ces détractaires, suffisament présentée pour en justifier la suppression.

L'opposition des forces en présence est symbolisée d'une part le président Bernard Accoyer, président UMP de l'Assemblée nationale, selon lequel il faut rester sur les vérités scientifiques et se garder lorsqu'on est dans les livres de sciences de dériver sur des questions de sociétés. D'autre part, pour le secrétaire national du PS en revanche, Bruno Julliard, il ne croit pas que M. Chatel cède à cette pression.

M. Chatel avait fait savoir, le 20 Juillet, que les programmes étaient conformes à l'état actuel des connaissances scientifiques en biologie.

Pour quelle raison l'analyse scientifique devrait être censurée par l'idée que l'on se fait de l'homme ou de la femme? La théorie du genre est elle contraire en soi à l'éducation et à un devoir d'objectivité qui lui est imposé, découlant du principe de laïcité, messieurs les députés catholiques? Et d'ailleurs, le préambule de la Constitution de 1946 nous indique en son article 13, que l'organisation de l'enseignement public est gratuit et laïque à tous les degrés.

Est il besoin de rappeler que plus largement la France est une République laïque au vue de l'Article PREMIER de la Constitution? En outre il est prévu qu'elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. N'y n'en irait-il pas des obédiences sexuelles? L'orientation sexuelle est-elle une liberté que l'on doit museler? 

Tout d'abord, comprendre comment se perpétue la sexualité permet à toute personne de se situer dans son environnement et de mieux percevoir le contexte, qu'elle soit bi, homo, trans ou hétéro. En ce sens, il s'agit d'un progrès d'analyse pour la personne concernée, qu'elle soit catholique ou qu'elle ne le soit pas. La France protège les personnes par des libertés fondamentales, le droit d'avoir des conceptions différentes est légitime mais elle ne doivent pas s'imposer à l'Education et à l'analyse objective.

L'article premier du préambule de la Constitution de 1946 rappelle le principe selon lequel, "au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion, ni de croyance possède des droits inaliénables et sacrés, il réaffirme les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les loi de la République".

 

L'art 10 de la DDHC rappelle ce principe d'objectivité universelle : nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.

 

Or le mouvement des 80 députés est bien un mouvement catholique. Sans aller jusqu'au trouble de l'ordre public, il convient de rappeler que la République est avant tout laïque et on ne comprendrait pas bien que Luc Chatel y déroge. L'analyse scientifique ne doit pas être conduite à une éventuelle censure, parce qu'elle heurterait une conception subjective d'une partie de la population de l'Etat Français. L'Education peut en revanche discuter du débat dans le cadre du sujet abordé. N'existe-il pas des catholiques qui en dépit de leur croyance religieuses sont homosexuels ou transsexuels? La science dit que l'analyse est universelle. La conception religieuse elle, reste bien subjective. 

 

Rappelons à ce titre, l'article 5 du préambule de 1946 qui précise que,nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. La science prouve qu'il faudrait y ajouter "en raison de son orientation sexuelle". Car ce que défendent, finalement les 80 députés catholiques, c'est une forme d'intolérance à l'obédience homosexuelle ou transsexuelle, qui moralement les choque.

La devise de la France est Liberté, Egalité, Fraternité. Les homosexuels et transsexuels doivent avoir les mêmes droits que les autres, messieurs les députés. Et s'ils le sont dès leur maturité sexuelle, vous ne devez pas leur interdire ce libre arbitre.  

 

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Published by Thomas Bonne - dans Actualités
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Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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