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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 08:29

La FED a déjà procédé à des rachats massifs de la dette américaine, désormais, la question se pose pour le BCE, dont le credo est pourtant d'interdire cette pratique.

La panique sur les marchés est palpable et finalement, après 40 ans de crise (en dehors de la période 1997-2001 et ces bulles financières profitant à toute l'économie), on n'en est plus vraiment à une crise supplémentaire. Alors parlons froidement : L'Italie, c'est la catastrophe avec 120% de déficit rapporté au PIB et une dette exposée sur les marchés grecs, espagnols, portugais, Irlandais, les vilains PIGS. Bref. Que du mauvais d'après les médias. Les marchés "se crispent" découvrant l'abys-sale qui se dessine pour leur portefeuille ; sachant qu'un trader parie sur la hausse ou la baisse pour gagner de l'argent sur les warrants. La France, comme les copains est exposée puisque les banques françaises détiennent une grande partie de la dette italienne. Et puis il faut aussi considérer que les Etats européens et américains et sud américains, et le Japon aussi, souffrent d'un mal incurable entend-on de ci et de là aux informations, plombant l'énergie et le moral des entrepreneurs, des salariés, organisant le cercle vicieux du "pire". Et voilà que ça recommence, CAC 40, Dow Jones, Nikkei tout le monde se casse la figure. Les squales sont de retours avec cet appétit féroce qui font des dettes publiques l'enrichissement des acheteurs des émissions de bons du trésors, bradés sur les marchés, ruinant les Etats et leurs contribuables. L'annonce est prévisible, l'austérité est nécessaire car la montée des taux d'intérêt des bons est inexorable, et la ponction sur les "vrais" contribuables, c'est à dire ceux qui paient leurs impôts doit se faire plus forte. La politique va pouvoir prétexter des plans d'austérité et réduire les services publics, se débarrasser des fonctionnaires, réduire l'éducation nationale à peau de chagrin, diminuer l'investissement de l'Etat à supporter la sécurité sociale, dénoncer l'assistanat pour alimenter le sentiment d'insécurité physique et dériver vers la faute à l'immigration, et stigmatiser le musulman, et plus tard le terroriste caché en lui, développer les dépenses militaires facilitant des pots de vin et les rétro-commissions et réduire les aides économiques aux chômeurs, ces inadmissibles assistés. Le terreau est fertile, les extrêmes droites européennes se reconstruisent à la manière d'un début de XXème siècle. Mais heureusement, Zorro l'Europe est là pour nous sauver.  

Aïe. 

Pour être réaliste, un problème se dessine. Plus nos dirigeants tardent sur les marchés à rassurer "l'irrassurable", plus les titres se dévalorisent et les taux d'intérêts de facto augmentent. C'est irrémédiable, et de ce fait, il va enrichir les acheteurs ou les créanciers de ces acheteurs de bons du trésor. La crise financière, pour durer si longtemps n'est plus qu'un moyen d'oligarchiser les élites nationales ou d'enrichir les initiés et par voie de conséquence, alimenter l'individualisme aux cîmes de la hiérarchie, ce qui n'a d'ailleurs rien de nouveau. Mais le vrai problème est à long terme que cet individualisme se glisse dans la masse populaire, ce qui est désormais le cas, j'en suis convaincu. Aujourd'hui c'est chacun pour soi.

Le FESF ne sera opérationnel qu'avant fin septembre, après le feu vert des parlements nationaux, donc la crise va se prolonger pendant deux mois et après? Après comme il sera trop tard, on pourra encore prolonger la crise car les médias pourront dénoncer la lenteur de l'Europe, le gagne pain des fortunés. ASSEZ! 

Des millions de gens sont en difficultés et les marchés se nourrissent de la dette organisée. Les grecs en ont pris pour 20 ans, une génération est donc sacrifiée comme en Espagne depuis 10 ans, comme la mienne, moi un petit français de rien du tout, j'ai trente ans, j'écris et c'est tout ce que j'ai. Car sur les marchés rien ne se perd. Les bons du trésors vont rapporter beaucoup aux acheteurs. L'Europe de l'avenir, c'est l'Europe citoyenne, celle de la solidarité, celle d'un idéal commun toujours plus étroit. Oui, mais l'Europe d'aujourd'hui, est une Europe financière et les Etats qui la construisent sont adoubés par les marchés financiers aux moyens financiers pouvant déstabiliser les souverainetés des Etats. L'Europe de l'avenir, celle en laquelle je croyais, est une Europe du partage de savoir faire, de culture et d'échanges internationnaux. C'est une Europe qui promeut les valeurs des droits humains et de la dignité humaine, celle d'avoir un travail, un salaire pour sortir du néant, une Europe sociale. Mais aujourd'hui les Etats se délitent, ils ne sont plus assez forts économiquement pour faire face aux attaques des marchés.

Le système de l'argent dette est très rentable pour ceux qui en jouent, et ils alimentent la crise, si rentable. Alors les discours de compétivité vont ressortir, la difficulté des entreprises et le chômage structurel de toute une génération va se développer et nourrir la sclérose actuelle et légitimer les politiques drastiques contre la solidarité, contre le service public. Les riches, nés riches vont pouvoir défiscaliser à souhait : on remarque cette différence étonnante d'équité entre les portefeuilles des contribuables en France : si on gagne entre 3000 et 10 000 euros dans un couple, le pourcentage d'imposition atteint son maximum. La courbe de ce pourcentage commence à descendre plus on monte vers des salaires très important, et lorsqu'on atteint 100 000 euros, on s'aperçoit que plus personne ne paie d'impôt! Ces privilèges aristocratiques sont organisés par une fiscalité très avantageuse qui permet aux riches de le rester, bouclier fiscal et niches fiscales sont les premiers responsables. En outre, si vous ne gagnez pas assez, vous ne pourrez pas aller sur les marchés financier car le banquier se verra formellement interdit de vous y autoriser puisque le risque est trop grand pour vous. Vous n'êtes pas assez riche. Vous ne participerez pas à la joute des marchés.

Le capitalisme organise donc ce mécanisme inadmissible : si vous ne décollez pas un jour, vous restez accroché au néant. Vous devenez aux yeux des autres, ce tabou, "un assisté" et les riches cristalisent cet état, ce statut en se gaussant de votre déni de travailler. J'ai plusieurs fois lu des réflexions du type, annexées en commentaires d'articles émanant d'internautes sur www.lemonde.frle Figaro ou le nouvel obs : "moi j'ai travaillé toute ma vie, donc j'ai le droit de défiscaliser, et toi si tu ne travailles pas c'est que tu es un assisté". c'est absurde, car c'est tout ce que je réclame, de travailler. Et le droit ne m'a pas protégé, car lorsque l'on arrive sur le marché de l'emploi sans expérience, on ne dispose d'aucun droit : le RMI puis RSA ont été calculé d'une telle manière, que je n'y ai pas eu droit. La crise ne m'a pas permis d'être embauché malgré de très nombreux CV adressés aux entreprise et des diplômes jusqu'à BAC + 4. Vous n'avez qu'à travailler, disent-ils. Oui. à Mc do par exemple, ils embauchent. J'ai donc fait 8 ans d'études (pub pendant 3 ans et 5 ans à l'université dont 3 années de droit et 2 à l'étude de la stratégie d'entreprise et la 4ème année avec félicitations du Jurry, la 5ème épuisé, je n'ai pas confirmé, ça ne pardonne pas, je n'ai qu'un Master 1) pour arriver en pleine crise mondiale et ne pas trouver le moyen d'être embauché. J'ai tenté de créer mon entreprise, mais, la peste s'est écrasée sur les distributeurs que je visais. Après 2 ans d'étude de marché, d'isolement, de bataille pour convaincre les organismes de soutien, lauréat de trois bourses des jeunes entrepreneurs, levant 100 000 euros, le constat est là, je décide seul de ne pas créer l'entreprise car la crise a tué la moitié de mes ditributeurs et ceux qui ont survécu restent accroché aux marques qui les rassure, ils ne souhaitent pas s'ouvrir. Le risque est tellement grand que je renonce. Je suis un assisté mais Dieu sait si j'ai travaillé. Je renonce donc. Je vais me préparer aux concours administratifs et devenir un politique. Je me le promets, j'ai le coeur de changer les choses car je suis en colère. J'ai le droit d'exister, je veux changer cette société qui me discrimine. 

En attendant, les marchés attendent un signal clair, celui de la BCE, à intervenir sur les marchés, tandis que le Ministre allemand des finances se refuse à signer un chèque en blanc pour alimenter le FESF, assurant par là même le doute sur les marchés et alimentant la crise de surcroît. L'aubaine d'une politique acide envers des gens comme moi qui ne pointe plus à l'ANPE, découragé par ces temps laborieux. Combien sommes nous à ne plus pointer? Je me le demande. Le chômage invisible existe, mais les chiffres officiels n'en parlent pas et j'en fais parti.

Combien sommes nous?

Je suis en colère de ne pas pouvoir m'émanciper.

Je suis indigné de vivre au jour le jour ces annonces de crise financière. Je pense à tous ces jeunes qui manifestent en Espagne, à Paris et je leur apporte mon soutien, certe faible, car je suis seul et je ne peux me déplacer les rejoindre. Mais comme eux, aujourd'hui beaucoup de choses me révolte. Comment expliquer que Total, avec ses bénéfices records, ne participe pas du tout à l'effort social en France? Comment une affaire comme Karashi peut elle être tolérée en France? Comment les Guérini ont-ils pu blanchir de l'argent à Marseille? Les affaires Woerth, Tibéri, Tapie-Lagarde sont de piètres prestations de nos dirigeants, et n'encouragent pas à croire en leur vertu. Pourquoi notre démocratie semble-t-elle atteinte de cette corruption latente? Je rêvais d'un Etat de droit exemplaire, la réalité est brutale. Mais l'argent est le vin d'une scène qui se joue au sein des Etats, entre eux et entres les détenteurs de titres. La loi est celle des marchés. Comment la législation française et européenne peut elle permettre de telles abérations?  

Combien de jeunes vivent une telle situation?

Les contrats aidés prévus par M. Bertrand vont diminuer de 60 000 pour le budget de l'année prochaine. Je n'y vois pas une perspective d'avenir. Le Gouvernement anticipe une embellie et une hausse de la croissance? Comment peut-il être aussi peu sincère? Comment peut-il prévoir une hausse de la croissance dans une situation aussi précaire? Et pourquoi, continue-t-il à supprimer les services publics, quand cela rapporte aussi peu d'économie. Notre modèle social se dilue petit à petit et la crise de la dette, si le peuple ne se réveille pas, va tuer les jeunes à petits feux.

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Published by Thomas Bonne - dans Politique
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Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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