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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 12:58

Source : Le Monde du 8 Février 2011

 

Samedi 5 Février, 3000 britanniques manifestaient contre l'islamisation de la Grande-Bretagne. David Cameron, le chef tory, leur a emboité le pas en fustigeant les méfaits du multiculturalisme et légitimant leur démarche.

 

A Munich, où il assistait à la conférence pour la sécurité, le premier ministre britannique a délivré samedi son premier discours sur la manière de lutter contre les extrémistes musulmans dans son pays. Sans doute s’agissait-il là d’un hommage implicite à Angela Merkel, la chancelière allemande, qui, en plus de l’accueillir sur ses terres, avait, avant lui, fustigé le multiculturalisme si longtemps cher à Berlin et à Londres.

 

Le débat de l’identité nationale : la politique du multiculturalisme remise en cause

«Certains jeunes musulmans se retrouvent sans racines, ils trouvent difficile de s’identifier à la Grande-Bretagne parce que nous avons laissé son identité collective s’affaiblir », et «leur quête d’appartenance peut les conduire à cet extrémisme idéologique »  qu’est l’islamisme le plus radical. «Je crois qu’il est temps de tourner la page sur les politiques du passé qui ont échoué », a conclu M. Cameron.

 

Gordon Brown, premier ministre travailliste entre 2007 et 2010, avait lancé un chantier pour mieux définir l’identité britannique et voulait créer une journée de fête nationale du type 14-Juillet, avait fini par abandonner.

 

L'Histoire du multiculturalisme : le colonialisme  

M. Cameron n’est pas le premier hôte de Downing Street à tenir un tel discours. Tony Blair l’a précédé en 2005, peu après les attentats  du 7 juillet dans les transports en commun londoniens. Les Britanniques avaient découvert avec stupeur qu’ils avaient été perpétrés par des djihadistes nés et élevés sur leur sol. Le chef du New Labour s’en était alors, lui aussi, pris à ce multiculturalisme que Londres avait prôné pour accueillir les immigrés de son ancien empire colonial dès les années 1950. A cette époque, rappelait le Times durant le week-end du 5-6 février, «la politesse britannique et le devoir de respecter les autres s’étaient mêlés à des notions plus de gauche, comme la honte de notre passé colonial». Et, pendant longtemps, Londres s’est cru immunisé contre le terrorisme venu de l’intérieur grâce à ce «laisser-vivre» qui prévalait pour les musulmans, mais aussi les hindous, les sikhs et autres minorités  religieuses.

 

La rupture à la Cameron

M. Cameron, aujourd’hui, veut «moins de tolérance passive » à l’égard de ceux qui ne promeuvent pas les valeurs de démocratie et de liberté de son pays et «plus de libéralisme musclé» pour défendre celles-ci. Pour le premier ministre, c’est un fait, nombre de terroristes condamnés en Grande-Bretagne ont d’abord été influencés par ce qu’il appelle «des extrémistes non violents »  – des orthodoxes  qui défendent le mariage forcé, militent pour que les femmes restent à la maison ou encore fustigent l’homosexualité ; bref, refusent le mode de vie occidental –, avant de faire le djihad. Voilà pourquoi M. Cameron refuse qu’à l’avenir «ces organisations extrémistes non violentes », qui sont hostiles à l’intégration et «font peu pour combattre l’extrémisme», soient subventionnées par l’Etat. « Leurs représentants ne devraient plus pouvoir participer à des débats avec des membres du gouvernement ni aller recruter leurs futures ouailles en prison ou à l’université ».



De ce point de vue, le chef du gouvernement britannique est en rupture avec son prédécesseur travailliste, qui avait choisi de financer certaines organisations au motif qu’elles pouvaient influencer la communauté musulmane dans  son ensemble et éloigner ses éléments les plus fanatiques du terrorisme. «C’est comme si on avait demandé à un parti fasciste d’extrême droite de combattre un mouvement violent au nom de la suprématie blanche», a déclaré M. Cameron. D’ici à cet été, le gouvernement devrait décider qui aura encore droit à ses largesses. Le Conseil musulman britannique, qui pourrait être l’une des victimes de cette nouvelle politique, a jugé «décevants» les propos de M. Cameron.

 

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Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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