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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 10:26

Article de Le Monde du 20 Janvier 2012

Nathalie Brafman et Isabelle Rey-Lefebvre ont rédigé un article sur la problématique de la réforme de l'université et de son autonomie. Très utile pour une préparation à l'oral des concours d'attaché, notamment en ce qui concerne un aspecct particulier de la RGPP et de la décentralisation.

 

UN BRAS DE FER ANNUEL ENTRE MINISTRE ET UNIVERSITES

Un bras de fer risque de s'installer à chaque début d'exercice entre le Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Laurent Wauquiez acutellement et les Universités concernant le budget à leur attribuer. « Je me suis battu pour obtenirlemaximum[une augmentation de 1,2% en moyenne, soit 25,2millions d’euros pour 2012] (…) dans un budget contraint. C’est un choix de justice. »

 

Pour Stéphane Tassel, du Snesup-FSU, principal syndicat, «ce budget est une mystification». « Le ministère met en avant une augmentation des moyens de 24,8% sur cinq ans, entre 2007 et 2012, mais celui-ci ne porte que sur le fonctionnement et pas sur la masse salariale, soit 80% du budget des établissements, ni sur l’investissement. De plus, les critères de répartition entre universités sont totalement opaques.»

 

UNE MARGE DE MANOEUVRE RESTREINTE

L’une des réformes emblématiques du quinquennat de Nicolas Sarkozy se trouve ainsi ternie par les difficultés budgétaires. Les présidents d’université sont toutefois conscients du contexte de récession et de déficit public. «On nous dit que l’enseignement supérieur est mieux traité que les autres secteurs.

Mais si l’on tient compte de l’inflation et de l’accroissement des charges, le budget 2012 est en réalité en recul en euros constants», fait valoir Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d’université (CPU).

Pour faire accepter sa réforme, Mme Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur de 2007 à 2011 et aujourd'hui Ministre du Budget, avait beaucoup promis – 15 milliards d’euros sur cinq ans. «On est loin du compte», souligne Khaled Bouabdallah,président de l’université Jean-Monnet-Saint-Etienne.

M.Vogel insiste : «Il faut que l’effort se poursuive car nous ne sommes qu’à mi-chemin du rattrapage incontestable amorcé par Valérie Pécresse. Mais nos universités restent sous-dotées par rapport à nos voisins aux économies comparables.»

 

LA DOTATION POUR L'ETAT AUGMENTE MAIS N'EST PAS ENCORE COMPETITIVE

En 2007, la dotation de l’Etat par étudiant et par an s’élevait à 6800 euros ; aujourd’hui, elle est de 11000euros (15000eurospour les élèves de classes préparatoires). Mais, selon l’OCDE, la France reste loin des dépenses par étudiant et par an de la Suisse (15700 euros) ou de la Suède (15 210 euros).

Pour Axel Kahn, candidat PS aux législatives à Paris et ex-président de l’université Paris-V – l’une des premières à avoir opté, en 2009, pour le nouveau statut –, «sans les moyens, l’autonomie est un piège ». «Est-ce une façon d’externaliser la révision des politiques publiques et de faire assumer des décisions impopulaires aux universités, parce qu’aucun pouvoir ne résiste à des étudiants dans la rue? », s’interroge-t-il.

 

LE COUT DE L'AUTONOMIE

L’autonomie a un coût : ne serait-ce que celui du personnel pour gérer les nouveaux budgets. Les rectorats se sont bien gardés de transférer, avec la masse salariale, les fonctionnaires qui assuraient cette gestion jusqu’alors. L’université Paris-V a ainsi dû recruter pas moins de 25 personnes qualifiées pour gérer 4000 fonctionnaires.

 

L'EFFET BENEFIQUE DE L'AUTONOMIE : 

NOUVEAUX LEVIERS D'ACTION ET RELATIONS AVEC LES ENTREPRISES

Endépit de ce bras de fer budgétaire, la plupart des présidents d’université saluent l’effet bénéfique de cette nouvelle liberté : «C’est une loi de décentralisation qui nous a offert de nouveaux leviers d’action,pourrecruter, créer de nouveaux diplômes sans avoir à passer par Paris », reconnaît Bruno Sire, président de l’université Toulouse-I.ASaint-Etienne, il a été mis fin à la précarité des personnels contractuels, souligne son président.

Marseille, l’université en a profité pour former ses agents administratifs. Au-delà des effets immédiats, «ces nouvelles responsabilités ont changé le regard du monde économique sur nos universités», se félicite Yves Lecointe, président de l’université de Nantes. Il a ainsi été invité au conseil d’administration de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) de Loire-Atlantique. Impensable il y a encore quelques années. Khaled Bouabdallah met en avant « les nouvelles relations [qu’il a] tissées avec les entreprises locales qui se sont engagées à donner de l’argent ». Son objectif : lever 5 millions d’euros en cinqans.

 

ATTIRER DES FONDS PRIVES, UN ENJEU D'AVENIR

Car la loi permet aux universités de créer des fondations sur le modèle des grandes écoles pour attirer des fonds privés. Une soixantaine existe déjà, mais les montants récoltés sont très modestes: moins de 1%du budget global pour Nantes; 2% à Toulouse… «Si l’on additionne les montants de toutes les fondations universitaires, on atteint tout juste celle d’HEC ! [entre 60 et 80millions d’euros], remarque Louis Vogel. Ces fonds privés resteront marginaux, faute pour l’instant de réseaux d’anciens organisés. De plus, en France, les dirigeants d’entreprise sont quasiment tous issus de grandes écoles et non de l’université.»

Enfin, l’un des objectifs non dits de la loi sur l’autonomie était de contraindre les universités à améliorer leur gestion et rationaliser leur offre d’enseignement, en fermant, par exemple, les cursus à trop faibles effectifs, mais cela prend du temps. «Malgré la mise en commun de moyens et la concertation entre universités voisines, les économies sont longues à produire leurs effets », admet Yves Lecointe (Nantes). Un sentiment partagé par Yvon Berland (Marseille) qui concède: « Il y a beaucoup à faire. Les marges de progression sur l’organisation et la gestion sont devant nous.» 

 

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Published by Thomas Bonne - dans Actualités
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cardinand 22/01/2012 03:39

D'après l'article suivant: http://www.reseauetudiant.com/dossiers/cours-formation/aide-scolaire/universites-par-pays/bilan-sur-l%E2%80%99autonomie-des-universites-7642-06.htm, l'autonomie des
Universités ont l'avantage de pouvoir laisser plus de contrôle à l'administration de définir l'avenir de leur institution. Croyez-vous que cela soit une bonne idée ou une autre excuse pour recruter
plus de personnel?

Thomas Bonne 23/01/2012 10:16



Vous voulez probablement dire "débudgétiser pour l'Etat". L'autonomie des Universités fait suite au débat sur la compétitivité internationale entre les universités et visaient à l'origine à
donner les moyens de renforcer l'attractivité des universités françaises vis-à-vis de leurs homologues internationales. Mais la contrainte du marché n'est pas la seule : L'autonomie n'est pas une
notion abstraite, elle se concrétise dans des tâches précises : Organisation et Gouvernance, finances et moyens, ressources humaines et enseignement et recherche. L'autonomie s'accompagne de
contreparties indispensables : l'alliance de l'obligation de rendre des comptes et celle de la transparence. Il ne s'agit de pas de "recruter plus de personnel" comme vous le suggérez, mais
plutôt de laisser les moyens d'une gouvernance adaptée aux besoins de l'université pour répondre aux enjeux de l'avenir des étudiants et par conséquent, pour qu'une université dispose du choix,
c'est à dire saisir ou non l'opportunité d'un recrutement selon les besoins identifiés par l'université et non selon une politique uniforme émanant d'une direction ministérielle. Cette dynamique
d'autonomie s'inscrit dans un objectif de modernisation de l'Etat dont l'objectif est de viser une gestion des deniers au plus juste. C'est aussi un excellent moyen pour lui de faire sortir du
cadre de son budget un aspect financier très lourd et donc de réduire artificiellement le poids de son déficit.   



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Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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