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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 01:13

Gestion de la Colère

Vendredi 19 Aout 2011 par Thomas Bonne

Source : Le monde du 19 Août 2011, p2. et aussi http ://sportmental.blog.lemonde.fr/

 

Andy Roddick s'est incliné récemment, de retour de blessure, dès son entrée en masters 1000 de cincinnati. Il débute pourtant le match en toute confiance. Son jeu se dérègle et son comportement avec. Il brise sa  raquette, puis jette un balle dans le public. L'arbitre le sanctionne. Cette émotion de la compétition, chacun la rencontre, d'une manière ou d'une autre, il s'agit d'une situation de stress important qui nécessite pour s'en sortir de contrôler une émotion que l'on n'aura pas soupçonné. D'aucuns savent l'apprivoiser pour en faire un allier. D'autres, débordés explosent dans leur incapacité à l'utiliser. 

 

Un joueur de talent comme Roddick n'est pas parvenu à faire de sa colère un allier de la victoire, un allier pour se sortir d'une impasse qui pour toute personne est insupportable, pour se trouver dans une situation inextricable. En quelque sorte, il ne maîtrise pas une certaine forme de sang-froid indispensable à son comportement communicant et s'expose à une certaine forme d'humiliation intérieure. Car il refuse simplement d'accepter la situation telle qu'elle est et tombe dans l'impasse de l'insupportable, à laquelle il cède toute précision et toute clairvoyance. Les attitudes des uns et des autres sont des émotions déclenchées par des situations que nos pensées alimentent. 

La difficulté pour sortir de ce cercle vicieux, consiste dans la capacité, à l'instant où se produit l'insupportable, de trouver en soi la capacité de se représenter la situation de manière distante, objective, et de l'analyser pour ne pas tomber dans ce piège que l'on se tend soi-même, par l'émotion instantanée de la pensée, de l'inexorable injustice dans laquelle il n'est pas concevable de sortir et va activer comme comportement : le comportement immédiat, photographique, lié à la frustration engouffrante délivre alors l'anxiété ou la colère. 

Pour réagir de manière performante, tempérée ou maîtrisée dans un contexte social particulier, l'individu confronté à la situation doit trouver dans son for intérieur, une capcité d'analyse rapide, celle de détecter le danger immédiat d'un comportement naturel inadmissible, et réfléchir à sortir de la toile qui se trame. L'objectif est donc d'adopter un nouveau comportement, adapté au contexte ou à une décision prise en conséquence, que l'on assumera par notre libre arbitre souverain et non par une émotion destructrice dessinant une situation de dominé, livrant aux yeux des autres, une personne détestable ou puérile. 

Pour cela, il est fondamental que l'individu comprenne comment le "mécanisme frustrant" agit sur lui, il en va de même pour le sportif de haut niveau. L'individu doit être capable de s'interroger, anticiper l'émotion et reprendre les commandes sur le désouvrement inéluctable, ne pas se laisser déstabiliser, détecter ce moment qui pourrait lui échapper ou qui provoque cet abandon à l'anxiété ou à la colère. Ainsi, la mise en oeuvre de nouveaux comportements est salutaire en ce qu'elle préserve l'individu de la perte de contrôle de soi, ou d'un dérapage comportemental,  ce "burn out" qui menace de s'embraser à la manière d'une épée de Damoclès pourrait tomber sur la tête d'un condamné.

Roddick n'est pas parvenu à utiliser sa colère à son avantage, à devenir plus précis, mieux concentré, plus déterminé. A l'issue de la rencontre, il décrivait ainsi sa défaite : je reviens de blessure, de rééducation, à cause d'une fraction de seconde, l'arbitre intervient et c'est fini de moi. c'est frustrant." 

Mais ce n'est pas la décision de l'arbitre, ni les règles du tennis qui sont en cause dans cette perte de contrôle. L'américain le sait. Il choisit de communiquer avec nous en cherchant des causes extérieures. Son erreur a été de ne pas prendre du recul sur l'émotion d'une colère qui montait inexorablement en lui. Il n'a pas su prendre de distance suffisament tôt et l'émotion l'a emporté dans sa défaite.

Nous avons tous en nous cette capacité à regarder en face nos émotions. Nous devons apprendre à les contrôler lorsque la situation l'exige. Les émotions ont leur mot à dire, mais nous ne sommes pas dans l'obligation de leur laisser prendre le devant de la scène. Lorsqu'un individu est menacé de mort, il se ressaisit car il ne veut pas mourrir. Il devient clairvoyant. Il saisira les opportunités qui s'offriront à lui ou mourra. Contrôler son émotion, c'est faire appel quelque part à cette faculté qui existe en chacun de nous.

La colère peut s'exprimer, mais autant l'utiliser à son avantage et sans nécessairement la faire exploser. La canaliser, c'est la prévenir et l'utiliser quand elle un allier, c'est alors un déterminant humain inépuisable. 

 

 

 

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Published by Thomas Bonne - dans Politique
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Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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