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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 00:08

Epoux Bertin, et Ministre de l'agriculture, contrat et travaux publics.

EPOUX BERTIN
L'affaire des Epoux Bertin, "rapatriement et nourriture des ressortissants russes pour 30 Francs par jour", du 20 avril 1956, EXECUTION DIRECTE D'UN SERVICE PUBLIC

Chargés de nourrir les ressortissants russe pour 30 francs par jour et du rapratriements des ressortissant russes pour 30 Francs par jour, les Epoux Bertin se sont vu imposer par le chef du centre la demande de servir un supplément de nourriture. Au moment de payer, le Ministre des anciens combattants refusa de payer.

le contrat avait pour objet l'exécution d'un service public et par conséquent le juge justifie sa compétence par ce seul critère et renoue avec le concept (à l'époque désué depuis les arrêts Blanco du 8 février 1873, Terrier du 6 février 1903, Therond du 4 mars 1910) selon lequel, un contrat qui a pour objet un service public est un contrat de droit public.

Cet arrêt résout le conflit qui existait entre les deux arrêts Thérond et Société des granits porphyroïdes des vosges. L'espèce était particulière puisque le contrat passé était oral et ne contenait aucun prérogative exhorbitante du droit commun (pedc). Il se trouve qu'en l'espèce, l'absence des pedc faisait cruellement défaut pour que le juge puisse se considérer compétent. C'était pourtant la tendance de l'époque et les critères de puissance publique avait tendance à écraser la notion du service public. 

Le commissaire du Gouvernement mis en évidence que le contrat portant sur le rapatriement des ressortissants étrangers, leur hébergement avant le départ entraient dans les compétences de l'Etat, et pouvaient être qualifiées de mission de service public, si ce n'est de mission de puissance publique. "Nous ne pouvons en tout cas pas laisser l'administration confier à un particulier l'exécution d'une mission de service public et se dépouiller en même temps des droits et prérogatives que lui assure le régime de droit public. Dès lors, nous devons nous demander si, lorsque l'objet d'un contrat est l'exécution même du service public, cet objet ne suffit pas à le rendre administratif, même s'il ne contient pas de clauses exhorbitantes du droit commun."

Dès lors la solution du Conseil d'Etat a consisté à étendre à l'ensemble des contrats passés avec l'administration le critère tiré de l'éxécution d'un service public par le cocontractant. Le contrat est considéré en jurisprudence immédiatement administratif dès lors qu'il consiste dans une exécution immédiate et directe d'un service public (TC, Cie Fabre et Société générale de transports maritimes). Le contrat peut aussi sans chargé le cocontractant d'une mission de service public, en avoir simplement pour objet l'exercice de la mission de service publique (1968, Société Distillerie Bretonnes). Bien sûr la présence de pedc renforce la conviction du juge que le contrat est administratif (voir le développement sur l'arrêt 1912, Société des granites porphoroïdes des Vosges). 

 

Retour à l'histoire du Service public en un temps éclair

 

EXECUTION D'UNE MISSION DE SERVICE PUBLIC, MODALITE DE L'EXECUTION, RESPONSABLITE CONTRACTUELLE
L'affaire Grimouard-reboisement, incendie impliquant la responsabilité de l'entrepreneur chargés des travaux de reboisement, la responsabilité de l'Etat chargeant l'entrepreneur des travaux est recherchée ; L'enjeu est de savoir si les travaux entrepris par une personne morale de droit privée, sur des terrains privés relève tout de même de la compétence du juge administratif. La notion de service public est ici définie et porte sur des travaux publics. Le juge constate trois critères additionnels : l'exécution d'une mission d'intérêt général (reconstitution de la forêt française sur le territoire de la commune, domaine privé de la commune et aussi sur le territoire de propriétaires privés), un organe chargé de la mettre en oeuvre (l'administration des eaux et forêts, personne privé), et des prérogatives spéciales (obligations imposées aux propriétaires de forêts ou de terrains boisés par le règlement d'administration publique et perception de taxes pour alimenter le fonds public : FFN, fonds forestier national). 

Traditionnellement, avant cet arrêt, pour que le travail public fût reconnu, on exigeait trois conditions : un travail réalisé sur un immeuble, dans un intérêt général, pour le compte d'une collectivité publique (Arrêt commune de Monségur de 1921).

En l'espèce, l'Etat s'engage à reboiser une propriété privée, il est maître d'oeuvre mais sans garder la propriété de la plantation. Il fait l'avance des travaux et se rembourse sur le produit de l'exploitation. Le juge considère que le travail est public parce qu'il constitue l'objet même du service public de reboisement des forêts de France, et qu'en ce qui concerne le travail effectué sur les terrains des particuliers, il s'agit de l'exécution d'une des modalités de la mission de service public. 

Il résulte de cette jurisprudence que des travaux effectués pour la gestion des biens faisant parties du domaine privé des collectivités publiques, tel que l'ouverture d'une route forestière dans les forêt domaniales ne sont pas des travaux publics car il n'existe pas de mission de service public (TC, 25 Juin 1973). 

à noter : dans cet arrêt, le juge donne la priorité de laresponsabilité contractuelle sur la resposabilité quasi-délictuelle et sur celle des dommages de travaux publics. 

 

Retour à l'histoire du service public

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Published by Thomas Bonne - dans Jurisprudence
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Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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