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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 14:19

 

1591 milliards et des poussières, la dette publique de la France a fortement augmentée, presque 100 milliards supplémentaires (pour être précis 98,5) et atteint le record honteux de 81,7% du PIB indique l'Insee jeudi 31 mars. La France gagne un tout petit 0,5% de réduction du déficit, et passe de 7,5 à 7% du PIB (contre 2% annoncés par Eric Woerth à l'époque de l'ex-ministre du budget en 2009). Le taux de croissance attendu est de 2% (!) selon le Gouvernement qui se plaît encore à miroiter des objectifs qu'il n'atteindra pas.

Rappelons le contexte du mois de mars et gageons que le Gouvernement qui avait déjà atteint un taux très élevé en 2009 (avec 74% de dette publique  par rapport au PIB, tandis que l'Union Européenne prévoit un taux maximum de 60%) est particulièrement optimiste pour ne pas dire à côté de ses pompes en annonçant une telle croissance.

On connaît la propension des Gouvernements, qui savent déjà le résultat d'une élection présidentielle risque d'être catastrophique à leur égard, à ne pas diminuer la dette aux fins de préparer la future mandature à des marges de manoeuvre serrées. On peut s'interroger de l'intérêt du contribuable dans ce contexte d'austérité sans précédent. 

 

 

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Published by Thomas Bonne - dans Economie
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Nicolas BOISVILLIERS 01/04/2011 19:51


La croissance n'est-elle pas, en partie, une question de confiance ? De tout temps, les politiques ont toujours eu à cœur d'annoncer une croissance forte afin de rassurer l'ensemble des acteurs
économiques. Pour créer une dynamique.

Reste qu'avec de tels déficits et une gestion de la dette plus que difficile, quel autre chemin suivre ? Et si l'on commençait par revoir la copie de notre modèle économique basé sur une croissance
à tout prix...


Thomas Bonne 02/04/2011 06:42



Tout d'abord, je vous remercie pour cette question très intéressante, car elle met en évidence la question de l'effet d'une annonce gouvernementale et de sa perception dans un environnement
politique instable.


La remise en cause de la confiance signifie-t-elle la remise en cause des principes de base de la finance et de sa rédaction juridique? Je le crois, mais je crois aussi qu'elle ne peut pas être
remise en cause. En effet, une entreprise "lambda" est au coeur de cette problématique car la confiance que ses partenaires lui accordent va lui permettre à plus ou moins long terme un
développement éconmique.


Comment une entreprise peut elle se construire sans la confiance que pourra lui accorder ses actionnaires créateurs, l'Etat avec ses incitations au développement économique telles que les
subventions (j'intègre les collectivités dans l'Etat), les partenaires commerciaux, véhiculant le logo de l'entreprise, les consommateurs pour la qualité des produits proposés.


Ce dogme de la confiance se construit à la base dès la création de l'entreprise dans la rédaction de ces statuts.  Comment une entreprise peut elle se développer dans un contexte aussi
difficile que celui de la mondialisation où la concurrence fait rage si ce n'est en se présentant du mieux possible à l'égard de tous. Le paradigme de la confiance est la clé de voute du système
financier parce qu'elle est à la base de la communication entres les êtres humains. "Vous avez mon entière confiance car je vois en vous les capacités de diriger et de créer de la richesse".
C'est la base de la Finance effectivement.


Il est vrai que chaque Gouvernement a tendance a surestimer la croissance de son pays car elle est la corrélation nécessaire au développement économique de l'Etat qu'il dirige. Pour autant, la
situation économiques et politique des Etats occidentaux et des dettes publiques européennes font tabler sur une croissance atone des pays européens, qui s'éloignent de plus en plus de la réalité
en s'exposant à des marges de manoeuvres de plus en plus restreintes. En particuliers face au poids croissant du poste du remboursement de la dette, dont les intérêts sont liés aux risques de
faillites des Etats qui menacent gravement la stabilité des Institutions politiques. Cette réalité est très préoccupante en ce quui concerne les risques sociaux et électoraux et le développement
du vote du néo-populisme sont à craindre. N'oublions pas comment des individus néfastes comme Franco, Hitler, Mussolini sont montés en puissance après la crise de 1929. C'est la défiance dans les
partis majoritaires qui ont permis l'ascencion éclair de ses trois individus.


L'annonce d'un objectif intenable devant une dette très élevée n'est pas pour rassurer l'économie ni lui donner confiance en elle (et pourtant cette tendance est partagée à gauche comme à
droite), bien au contraire. Elle risque d'élever les mécontentements et susciter un vote contestataire dont les conséquences pour "l'Etat de droit" pourraient bien être terribles si l'on se
réfère au programme de Mme Le Pen, en tout point identique à celui du Franco espagnol de l'époque des années trente. 


Les critères de convergence européens ont pour objectif de susciter une meilleure cohésion de la gestion de la dette et s'inscrire dans un programme fédératif, fondement d'un pacte de non
agression entre les Etats et de la montée des nationalismes. Le non-respect de ses critères qu'ils soient subis ou non est une alarme. N'oubliez pas le discours de schuman à l'occasion de la
création de la CECA qui voulait réunir les peuples pour ne plus jamais subir la folie meurtrière, l'horreur et les pertes de la Seconde guerre mondiale. 


Le néo-populisme s'alimente de la défiance des politiques, et c'est là un problème dont les Gouvernements doivent se préoccuper en priorité afin de rassurer les populations. Le témoignage
des querelles politiques au sein même des partis est encore bien plus néfaste. La dissolution de la confiance émerge de la guerre intestine des deux partis majoritaires en France, et un appel à
la cohésion est indispensable, sinon salutaire! 


A trop défier, par des effets d'annonce ou par des effets de zizanie, à gauche comme à droite, c'est l'incohérence et la défiance qui l'emporte. Les partis doivent former des blocs, et non donner
l'image du mensonge et de la tromperie. Le gouvernement en ne tenant pas ses objectifs subit un discrédit et alimente cette défiance redoutable qui mène au populisme. Il faut rassurer les
populations, ne pas leur mentir pour garder la stabilité des institutions. 



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Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public 
Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques
  • Thomas Bonne Titulaire d'un Master administration de l'entreprise, d'une licence de droit public Lauréat des concours administratif de rédacteur territorial 2011 et d'attaché territorial 2012 et Inspecteur des finances publiques

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